mercredi 22 avril 2020

« PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT »

Avec l’épidémie du coronavirus,[1] des adeptes du faux ne cessent de soutenir qu’à la fin de l’épidémie, « plus rien ne sera comme avant ».
Ils n’arrêtent pas de disserter sur « le monde d’après ».
Toujours trompeurs, gonflés d’orgueil, ils agissent en fait pour maintenir ce pourquoi ils ne cessent d’entreprendre selon l’étable de leur loi.[2]
Ils font semblant de « s’offusquer »  de ce dont ils sont la cause.
Les bavardages stériles, les discours mensongers, les propagandes, les combinaisons, et autres, alimentent, entretiennent, maintiennent la confusion, l’imposture.
L’imposture de ceux et de celles qui refusent de voir les mots en mouvement, les mots qui gomment les chimères, les mots qui éloignent les tentations, les mots qui chassent les illusions, les mots qui font voler en éclats les ténèbres, et répandent la Lumière.[3] 

BOU’AZZA

mardi 21 avril 2020

LA CONFINÉE ET SON ÉVASION EN ITALIE


Elle est confinée depuis plusieurs semaines, en raison de l’épidémie du coronavirus.[1]
Comme le reste de la population, elle doit rester chez elle.
Si elle veut quitter son domicile, elle doit avoir une justification.
Chez elle, elle utilise beaucoup une petite pièce.
Mais c’est incroyable ce qu’elle est spacieuse.
Dans cet espace réduit, les souvenirs qui jaillissent ne sont jamais à l’étroit.
La petite pièce peut en accueillir à l’infini.
Aujourd’hui, comme elle le fait souvent, la grand-mère s’est installée sur un fauteuil face à une fenêtre qui permet de voir le ciel, et a commencé son évasion en Italie par une pensée à Haçane Ibn Alwazzaane.
Il a été capturé par des pirates au XVIème siècle, et donné au Pape.
C’est le géographe Jean Léon de Médicis, dit Léon l’Africain.
« […] Après avoir vécu à Grenade, sa ville natale, à Fès, à Tombouctou, au Caire, à Constantinople, Léon passe plusieurs années à Rome, où il enseigne l’arabe, écrit la partie hébraïque d’un dictionnaire polyglotte, et rédige en italien, sa célèbre « description de l’Afrique », qui va rester pendant quatre siècles une référence essentielle […].
Homme d’Orient et d’Occident […] ».[2]
Les enfants de la grand-mère confinée aiment aussi l’Italie.
Ils ont, bien sûr, entendu parler de Léon l’Africain.
« À Rome, tu étais « le fils de l’Africain », en Afrique, tu seras « le fils du Roumi. »[3] Où que tu sois, certains voudront fouiller ta peau et tes prières. […]. Garde toi de ployer sous la multitude […]. Lorsque l’esprit des hommes te paraîtra étroit, dis-toi que la terre de Dieu est vaste […]. N’hésite jamais à t’éloigner, au-delà de toutes les mers, au-delà de toutes les frontières … ».[4]
Albahr[5] Alabyad Almotawassite.
La Mer Blanche Intermédiaire.
La Mer Méditerranée.
La Côte des Fleurs, la Riviera dei Fiori.
La terre des couleurs, la terra dei colori.
La Ligurie, Liguria.
Bordighera, la ville lumineuse où les palmiers se plaisent.
C’est quelqu’un paraît-il, au XIIème siècle, de retour d’Orient, qui a pensé que les palmiers se sentiraient bien dans un tel cadre.
Il a eu raison.
Des orangers, des citronniers, des bananiers, des mimosas et surtout des oliviers[6] tiennent compagnie aux palmiers.
Des merveilles dont les murmures d’Amour embaument l’air et rendent la mer encore plus parfumée.
L’huile d’olive de la Ligurie.
L’art culinaire.
Elle peut en parler longtemps, avec son talent de conteuse hérité de ses ancêtres, pas les gaulois, ni les romains, les autres.
Il ragû di coniglio colle olive.
Le tajiine[7] de lapin aux olives.
Tu prends un lapin de Ligurie.
Un lapin de Ligurie c’est encore autre chose que la succulence d’un agneau de montagne, ajoutée aux délices de coquelets de terroir que la mère de ta mère faisait mijoter toute la nuit, à feu doux, au milieu d’un trésor d’aromates et d’épices.
Tu prends donc ce lapin, tu te procures des olives, des oignons, du céleri, du romarin, du thym, du laurier, du poivre et de l’huile d’olive extra vierge.
Tu fais revenir dans l’huile les herbes et les oignons finement coupés, le temps qu’il faudra. Tu ajoutes les morceaux de lapin avec le thym, le laurier et ce qu’il faut d’eau pour avoir une sauce délicieuse à l’arrivée.
Tu laisses cuire.
Doucement.
Tranquillement.
À feu caressant.
Tu laisses cuire toute une vie s’il le faut.
Lorsque c’est cuit, tu ajoutes les olives.
Et au moment de manger, tu invites ceux et celles qui peuvent faire honneur à ces bienfaits dans la joie et la reconnaissance, et de penser à ta mère qui sait mettre les saveurs de l’amour dans chaque plat et sans laquelle les « recettes de cuisine » ne valent rien.[8] 

BOU’AZZA



[1] Covid 19.
[2] Amin Maalouf, Léon l’Africain, Jean Claude Lattès, Paris1986, page de présentation.
[3] Roumi : du mot Romain, pour désigner ce qui n’est pas du blad, (bilaad, bled), du pays.
[4] Amin Maalouf, opt.cit. p.473.
[5] Le ʺrʺ roulé.
[6] [...] un arbre béni, un olivier ni oriental ni occidental.
[7] Le ragoût.
[8] Texte daté du début des années 2000 selon le calendrier dit grégorien, aujourd’hui un peu adapté.
Je ne fais que reprendre ce dont j’ai déjà parlé.
Voir :
http://deshommesetdesfemmes.blogspot.com

lundi 20 avril 2020

L’ATTENTE DU DÉCONFINEMENT


Musique, alcool, joints, danses, pénis, vagins, et autres.
Ambiance d’Enfer.
Des époux et pères collectionnaient les entrejambes et les fesses en chaleur.
Des épouses et mères se jetaient sur les sexes en manque.
Les fournisseurs de bites ne savaient plus à quel trou se vouer.
Les dénigreurs et les dénigreuses de leur mariage[1] se pressaient dans les coins sans lumière pour conclure.
Les conséquences ?
Ces personnes s’en battaient les couilles, et le clitoris.
La débauche, encore la débauche, toujours la débauche.
Aujourd’hui, confinées en raison de l’épidémie du coronavirus,[2] elles attendent le déconfinement pour retrouver la musique, l’alcool, les joints, les danses, les pénis, les vagins, et autres.[3] 

BOU’AZZA



[1] Technique de ceux et de celles qui s’adonnent à l’adultère, ou qui se préparent à s’y adonner.
[2] Covid 19.

dimanche 19 avril 2020

PAR « PEUR DE MANQUER »

Programmés par le système qui les gouverne pour avoir « peur de manquer »,[1] les événements produits par ce système contre des populations qu’il exploite, pille, écrase, terrorise,[2] poussent les consommateurs dits de l’Occident, à se ruer dans les supermarchés pour se jeter sur les produits à stocker.[3]
Avec l’épidémie du coronavirus,[4] avant le confinement, ce fut la ruée, encore une fois, sur les produits alimentaires.
Bouffer, encore bouffer, toujours bouffer.
Ces consommateurs, à la grande joie des « maîtres » des supermarchés, provoquent des « pénuries »  entraînant les spéculations, les augmentations de prix, et autres.
En France par exemple, après un mois de confinement, un homme de Sementron dans le département de l’Yonne,[5] s’est fait livré, le mercredi 15 avril 2020,[6] trente tonnes de pommes de terre.
Oui, trente tonnes de patates.
Par « peur de manquer ».[7] 

BOU’AZZA



[1] Et peur d’énormément de choses bien sûr.
[2] Un peu partout dans le monde.
[3] Le système qui les gouverne leur fait croire qu’ils sont menacés par des populations que ce même système exploite, pille, écrase, terrorise.
[4] Covid 19.
[5] Le 89, dans la région de la Bourgogne.
[6] Selon le calendrier dit grégorien.

samedi 18 avril 2020

D’UN SEUL ÊTRE

« Ô humains[1] craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a crée de celui-ci son épouse,[2] et a fait répandre à partir d’eux beaucoup d’hommes et de femmes.[3] Et craignez Allaah au nom duquel vous vous implorez les une les autres ainsi que les matrices.[4] Allaah vous observe[5] ».[6]



[1] Yaa ayyohaa annaaçe, ô êtres humains, ô Hommes, ô gens.
[2] Dans sa traduction du Qoraane (le ʺrʺ roulé), Muhammad Hamidullah (Mohammad Hamiid Allaah) note que d’Adam (Aadame) sur lui la bénédiction et la paix, Allaah a créé Ève (Hawwaa-e) qu’Allaah la bénisse.
Note en bas de la page 77
[3] Des hommes en grand nombre et des femmes.
[4] Kachriid (le ʺrʺ roulé) note que le mot ʺmatriceʺ (alarhaame) le ʺrʺ roulé, est le symbole des liens sacrés de la parenté dont Allaah ne cesse de recommander le respect. L’un des plus grands péchés est la rupture de ces liens.
On peut aussi l’interpréter au sens propre du mot et cela veut dire alors de repecter les matrices en ne les mêlant à aucun acte impie tel l’adultère ou l’avortement provoqué sans raison valable comme la maladie de la mère.
Salah Eddine Kechriid (Salaah Addiine Kachriid), traduction du Qoraane (Coran), Loubnaane (Liban), Bayroute (Beyrouth), éditions Daar Algharb Alislaamii, cinquième édition, 1410 (1990), première édition, 1404 (1984).
Note en bas de la page 97.
[5] Inna Allaah kaana ‘alaykome Raqiibane (le ʺrʺ roulé).
[6] Alqoraane (Le Coran), sourate 4 (chapitre 4), Anniçaa-e, Les Femmes, aayate 1 (verset 1).
Voir :
http://deshommesetdesfemmes.blogspot.com

vendredi 17 avril 2020

LA GRAND-MÈRE CONFINÉE


Elle est confinée depuis quelques semaines, en raison de l’épidémie du coronavirus.[1]
Comme le reste de la population, elle doit rester chez elle.
Si elle veut quitter son domicile, elle doit avoir une justification.
Chez elle, elle utilise beaucoup une petite pièce.
Mais c’est incroyable ce qu’elle est spacieuse.
Dans cet espace réduit, les souvenirs qui jaillissent ne sont jamais à l’étroit.
La petite pièce peut en accueillir à l’infini.
Après la prière,[2] la grand-mère s’est installée sur un fauteuil face à une fenêtre qui permet de voir le ciel, et s'est mise à se remémorer lorsqu’elle se rendait dans une prison.
Des jeunes délinquants incarcérés l’attendaient avec beaucoup de tendresse.
Elle s’asseyait par terre, sur un petit tapis, attendait un peu dans le silence, puis le bruit annonçait l’arrivée des jeunes délinquants.
Elle commençait par les caresser du regard, et leur offrait son sourire.
Et lentement, elle allumait des bougies disposées devant elle.
Des étoiles sur la terre.
Elle avait cette aisance naturelle qui dégageait la sérénité.
C’est l’éducateur en prison qui s’était chargé de la faire venir, une fois par semaine, afin de conter :
« Ils marchent.
Depuis combien de temps ?
Quelle distance ont-ils parcouru ?
Pour eux, le temps ne compte pas et ils ne mesurent pas l’espace.
Un immense souffle est en eux.
Le but est dans leur cœur.
Ce qui doit être sera.
Par moment, de lourds nuages voilent la clarté du jour.
Mais pour ces êtres qui marchent, le ciel est d’une extraordinaire luminosité.
- Attendez-moi. Attendez-moi.
Ceux qui dans la marche ont entendu cette voix, se sont arrêtés net.
L’homme courait de toutes ses forces et dans sa course, semblait être sur des cimes.
- Attendez-moi. Attendez-moi.
Lorsqu’ils se tournèrent vers lui comme un seul corps, il s’arrêta à son tour.
Tout près d’eux déjà.
Ils virent d’abord ses yeux.
Comme de l’eau claire.
L’eau d’où jaillit toute chose vivante.
- Ils ont voulu m’interdire le chemin.
Ils ont tout fait pour me le cacher.
Ils m’ont enfermé parce que j’ai refusé leurs dieux : dieu-trahison, dieu-imposture, dieu-escroquerie, dieu-duperie, dieu-artifice, dieu-simulacre, dieu-souillure, dieu-corruption, dieu-débauche, dieu-vanité, dieu-mensonge, dieu-usure, dieu-profit, dieu-bourse, dieu-vol, dieu-argent, dieu-hypocrisie.
J’ai proclamé la mort de leurs dieux.
Il se mit à marcher lentement vers eux pour combler la petite distance qui les séparait encore. Dans ses pas ils reconnurent le rythme qui est celui des leurs.
À leur tour, ils se mirent à avancer vers lui.
- Ils ont voulu empêcher notre rencontre.
Ils ont voulu nous priver de la moisson.
Ils l’entourent et le regardent comme pour lui dire de continuer et il continue :
- Ils m’ont volé la Paix.
J’ai erré.
J’ai erré longtemps.
J’ai souffert.
J’ai souffert longtemps.
J’ai pleuré.
J’ai pleuré longtemps.
J’ai cherché.
J’ai cherché longtemps.
Mais jamais.
Oui jamais.
Jamais je n’ai désespéré.
Il était enveloppé dans un long manteau.
Il n’avait pas de trace de fatigue.
- Ils ont alors fini par me mettre dans une tombe.
Mais le cercueil était vide.
Comme la cage qu’ils ferment alors que l’oiseau n’y est pas.
Cela, ils ne peuvent le comprendre.
J’ai réappris à Aimer.
Aimer à retrouver la raison.
Des enfants le font asseoir et lui servent à boire.
De l’eau claire.
Comme ses yeux.
Une jeune fille lui dit :
- Par le simple fait d’être, nous déclenchons la haine qui est en eux.
La haine qui rouille leurs cœurs.
Ils ne nous connaissent pas et ont de plus en plus peur.
Ils n’arrivent pas à voir plus loin que le doigt qui pourtant leur indique le chemin.
L’ignorance les aveugle.
Nous sommes à l’écoute de ce qui leur échappe.
L’homme se leva.
Il embrassa les enfants sur le front, lança un rire qui se mélangea instantanément avec les autres rires et dit :
- Ils combattent ce devant quoi ils devraient se prosterner dans la poussière.
Je viens avec vous.
Chantez-moi le chant de la marche.
Il parla ainsi avec son cœur et c’est des cœurs que retentit le chant de la marche : la pleine lune s’est levée au dessus de nous ».[3]
Au fur et à mesure de la progression du conte, le temps et l’espace se mêlaient pour faire jaillir une dimension autre.
La conteuse s’élevait avec les mineurs délinquants.[4]
Le toit s’ouvrait, et ils rejoignaient le ciel.
Les corbeaux et les mouettes qui venaient en grand nombre se nourrir de ce que les détenus leur « transmettaient » à travers les barreaux, les accompagnaient.
Des pigeons partaient dans un envol majestueux et revenaient tournoyer au dessus des têtes.
Les cœurs s’emplissaient de lumière et tout le monde flottait agréablement dans le ciel, pendant que se répandait le chant inoublié, le chant du commencement.[5] 

BOU’AZZA



[1] Covid 19.
[2] Assalaate, assalaa.
[3] Tala’a albdro ‘alaynaa (le ʺrʺ roulé).
[4] Qui sont, pour la plupart, liés au processus migratoire des populations d’Afrique du Nord, et d’autres régions d’Afrique, colonisées par la France..
[5] Texte daté de 2004, selon le calendrier dit grégorien, préparé à partir d’écrits antérieurs, et un peu adapté aujourd’hui.

jeudi 16 avril 2020

SOUTENIR L’INSOUTENABLE


« On » souille tout pour satisfaire des pulsions, des impulsions, des caprices.
« On » alimente, le faux.
« On » entretient l’imposture.
« on » cultive le nombrilisme, l’égoïsme, la prétention, la malfaisance, la nocivité, la méchanceté, la perversité, la sournoiserie, le vice, le mensonge, la tricherie, l’arrogance, la débauche, la corruption, l’imposture, et autres.
Et « on » se targue d’être dans le vrai.
« On » se donne des raisons, les unes plus nulles que les autres, pour soutenir l’insoutenable.[1]
  
BOU’AZZA



[1] Je ne fais que reprendre ce dont j’ai déjà parlé.