Après
l’obtention du baccalauréat en septembre 1969,[1] j’ai
quitté le Maroc pour entreprendre des études universitaires en France.[2]
À mon retour en 1977 avec un épouse et un enfant, il me fallait d‘abord me débarrasser de l’obligation du service civil de deux années, imposé aux personnes ayant un licence de l’enseignement universitaire.
En
1978, nous avons eu un deuxième fils.
C’est
au sein de cette institution que j’ai connu Mohammad Assouuçii,[5]assujetti
avant moi au service civil.
À la
fin de cette obligation, il a opté pour la profession d’avocat et a décidé de
faire son stage avec mon père, magistrat à la retraite, qui avait le droit
d’ouvrir un cabinet dans cette ville.
Après
le service civil, j’ai fait semblant d’avoir opté pour la profession d’avocat t
pour un stage avec mon père moi aussi.
En
réalité, je me préparais à retourner en France avec mon épouse et nos enfants.
Et
c’est ce que j’ai fait en 1981.
Lorsque
quelqu’un me demandait pourquoi j’ai quitté le Maroc, je répondais par le
silence, parce qu’il ne m’était pas simple de répondre de manière satisfaisante
à cette question.
Parfois, je répondais par un rire.
Il
m’arrivait aussi de dire, en riant, que je suis parti parce que je ne suis pas
resté, ou que je suis parti parce que je connais.
Dans
tous ces cas, c’était, je crois, une manière de signifier qu’il vaut mieux
parler d’autre chose.
Il m’est arrivé d’écrire[6] que je
n’étais pas dans la justification à posteriori, en notant que j’ai quitté le
Maroc pour fuir l’atmosphère avilissante entretenue et répandue par un régime
corrompu, fondé sur l’imposture, et maintenu par le système
colonialo-impérialo-sioniste.
À l’époque où j’ai décidé de partir, je ne m’exprimais
pas ainsi, mais je ne le sentais peut-être pas autrement.
J’ai quitté le Maroc surtout pour ramener mon épouse
au pays qu’elle a quitté afin de m’accompagner, pour protéger nos enfants et,
je le dis en mots que je n’étais pas en mesure d’utiliser à l’époque, pour ne
pas me faire vider de ce qui me remplit avant même que je ne sois de ce monde.
Ai-je
bifurqué par rapport au titre de cet écrit ?
Je
ne crois pas.
J’ai continué d’avoir des nouvelles de Mohammad Assouçii
devenu avocat, un peu à la dérive car il a failli être rayé du barreau s’il
continuait à ne pas payer ses cotisations.
Un
ami commun,[7]
lui même avocat, a pris contact avec moi afin
de participer à payer ce qui pouvait éviter de rayer Mohammad Assouçii
de la profession d’avocat.
Cela
a été fait, et il n’a pas été rayé.
Du
temps s’est écoulé, des années ont succédé aux années, des saisons aux saisons,
nous avons vieilli.
J’avais
des nouvelles éparses par moments, et aujourd’hui, dimanche 29 octobre 2023,
son temps ici-bas s’est achevé.
Flots
de pensées.
Averses
d’images.
Afflux
de sensations.
« Nous
sommes à Allaah et à Lui nous retournons».
BOU’AZZA
[1]
Selon le calendrier grégorien.
[2]
Le climat de littoral me provoquait des crises d’asthme m’obligeant à quitter
la czpitale où jev devais étudier à l’École Normal Supérieure (ENS).
[3]
Préfecture.
[4]
Lkhmiiçaate.
[5]
Mohammed Assoussi.
[6]
À peu de chose près.
[7]
Décédé depuis.
[8]
Le« r » roulé.
[9]
Alqoraane (Le Coran), sourate 2 (chapitre 2), Albaqara (le « r »
roulé), La Vache, aayate 156 (verset 156).
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