Très
vite après mon arrivée en France, il y a de cela un demi-siècle, pour des
études universitaires, je m’étais lancé à fond dans « la militance ».
J’avais
commencé à apprendre.
Pas
aux cours de l’université où je ne mettais pratiquement plus les pieds, même si
je m’étais inscrit à l’IEP.
Je
cherchais, je rassemblais des données, je les décortiquais, je participais à
des rencontres, à des réunions, à des débats, je les provoquais, j’intervenais
où je pouvais, je parlais, je contestais, j’attaquais, je rédigeais des tracts,
des brochures, j’en faisais le tirage, des fois toute la nuit, je les
diffusais, je collais des affiches, je faisais des collectes, j’organisais des
manifestations, je manifestais.
J’étudiais
le colonialisme, l’impérialisme, le sionisme le néo-colonialisme, les systèmes
mis en place pour continuer la destruction des « indigènes »,
le
système de « l’indépendance dans l’interdépendance ».
J’analysais,
j’approfondissais, je comparais.
Et
je commençais à comprendre juin 1967.
La
Palestine.
FILISTINE.
Je
procédais à des exposés.
Je
diagnostiquais.
J’annonçais
des remèdes.
Je
hurlais.
La
police faisait « son travail ».
De
l’autre côté de la Méditerranée, mon père devait se « dépatouiller »,
à sa manière, pour écarter les ennuis dus à mon comportement.
Mon
beau-frère,
installé à Paris, s’y
employait aussi.
Mon
père ne disait rien ouvertement de tout cela.
Il y
faisait parfois allusion.
Mais
c’était rare.
Il
ne m’envoyait pas d’argent.
J’étais
sur plusieurs fronts, comme dirait l’autre.
Des
personnes me soutenaient.
Il
m’arrivait d’avoir des « petits boulots ».
Je
tenais.
BOUAZZA