mardi 7 juillet 2020

EN PENSANT À BILAAL

C’était à Lkhmiiçaate,[1] dans les années soixante.[2]
J’étais au collège, à l’internat de l’établissement Mouçaa Ben Noçaïr.[3]
Le Maroc avait obtenu, depuis quelques années,[4] ce qui était appelé l’Istiqlaal.[5]
J’aimais aller au cinéma lorsque cela m’était possible.
À Lkhmiçaate, il y avait le cinéma de ‘abd Sslaam,[6] dit cinéma nnour,[7] et le luxueux cinéma marhaba.[8]
Le cinéma de ‘abd Sslam[9] était à côté du domicile de ma sœur, aujourd’hui décédée.[10]
Un petit local rudimentaire, avec des sièges ordinaires.
À l’extérieur, un haut parleur diffusait les dialogues et les musiques des films.
Les personnes qui n’avaient pas d’argent pour payer le droit d’entrée, et j’en faisais parfois partie, s’agglutinaient vers ce haut parleur pour suivre le déroulement de l’histoire.
Certaines, qui déclaraient parfois avoir déjà vu le film, assuraient la traduction, le commentaire, l’analyse et les explications.
Chacun faisait appel à son imagination et se passait son film dans sa tête.
Plusieurs projections se déroulaient ainsi simultanément.
Le fils de ‘abd Sslam qui était mon compagnon scolaire, me permettait parfois de voir des films sans payer.
Il le faisait en cachette de son père qui n’aurait peut-être pas permis, même s’il me connaissait bien, cette entorse à l’esprit commercial.
Le fils prenait des risques pour moi, et je ne l’ai pas oublié.
Je n’ai pas oublié non plus que parfois, le père[11] me faisait payer la moitié du prix seulement.
Je préférais ce lieu au luxueux marhaba, sur la route Rbaate-Mknaas, le boulevard principal de l’agglomération.
La construction de ce cinéma a été achevée en 1960 ou 1961 je crois.[12]
Ce cinéma avait mis aussi un haut parleur extérieur qui permettait, entre autres, à un de mes compagnons scolaires, impressionnant par ses multiples capacités, de nous éblouir.
Il rejouait le film à lui tout seul, redistribuait les rôles, les adaptait à l’auditoire, décrivait les décors, faisait la musique.
J’ allais bien sûr au marhaba, mais dans celui de ‘abd Sslam, je ressentais une autre chaleur et une autre émotion.
J’y repense avec une tendresse particulière.
Dans les années soixante, c’est le cinéma marhaba qui projetait « Spartacus ».
Un film sur le soulèvement des esclaves contre la République esclavagiste de Rome.
À l’époque, je ne connaissais pas ces données : j’y allais pour voir les exploits de Kirk Douglas.[13]
Des années plus tard, j’ai regardé ce film avec mon fils aîné, qui était encore enfant.
Il avait beaucoup aimé et depuis,  nous saisissons les occasions de le revoir, même si nous ne le faisons pas ensemble.
Le dimanche 5 juillet 2020, il passait pour la énième fois à la télévision.[14]
Pendant que je le regardais, mon fils, avec le sien, encore enfant, faisaient de même, à plusieurs centaines de kilomètres du lieu où je suis installé.
Je l’ai regardé en pensant à Bilaal, un des premiers compagnons de Mohammad, l’ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix.
Esclave noir, il a compris que l’affranchissement de l’esclavage, est dans la résistance pour l’Islaam.[15]
Les tortures, les mauvais traitements, la haine, les insanités, les insultes, le mépris, et autres n’ont fait que le renforcer dans sa croyance, dans son attachement au Message d’Allaah.
Il a survécu aux pires supplices.[16]
Mohammad, l’ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix, l’a désigné pour assurer les appels à la prière, pour être « mouaddine ».[17]
Les horreurs, les crimes des ennemis du Message d’Allaah n’ont pas manqué, ne manquent pas, ne manqueront pas.
Le témoignage des croyants et des croyantes,[18] proclamé, renouvelé et transmis, avec ce qui s’en suit, à travers le temps et l’espace, a aiguisé, aiguise, aiguisera le ressentiment des ennemis qui ne supportent pas qu’Allaah l’Unique, le Maître des univers soit Adoré, comme Il le demande.
Les croyants et les croyantes ont eu à faire face à de multiples épreuves.
Mohammad, l’ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix, comme d’autres Messagers et Prophètes sur eux la bénédiction et la paix, a été injurié, calomnié, accusé de mensonges, maltraité, humilié, marginalisé, persécuté, pourchassé, menacé d’être tué.
Il a résisté, avec les croyants et les croyantes, et dirigé la résistance, le combat dans la Voie d’Allaah.
« Innaa lillaah wa innaa ilayh raaji’oune ».[19]
Depuis Aadame[20] sur lui la bénédiction et la paix, les croyants et les croyantes, se défendent, partout, contre les ennemis d’Allaah.
L’Islaam a toujours été combattu, il est toujours combattu, sera toujours combattu par ces ennemis qui continuent à user de tous les moyens à cet effet.
Les croyants et les croyantes ont toujours résisté, résistent, résisteront jusqu’à la fin de l’existence ici-bas.
La prétendue « puissance » des ennemis ne les détourne pas de la Voie d’Allaah.
La mémoire résonne au rythme de mots inoubliés.
Rythme qu’a connu notre père Aadame sur lui la bénédiction et la paix.
Qu’a connu notre mère Hawwaa-e[21] qu’Allaah la bénisse.
Rythme des couleurs originelles.
De l’Adoration.
Rythme du Sens[22] et du Lien.[23]
De la louange.
Rythme des graines qui germent.
Des fleurs qui embaument le temps et l’espace.
Rythme des invocations.
De la Lumière.[24]
Du souvenir de Demain.
« Et l’avenir est à la piété ».[25] 

BOU’AZZA



[1] Khémisset, ville entre Rbaate (le ʺrʺ roulé), Rabat et Mknaas (Meknès), dans le moyen Atlas, en régionde Zemmour (le ʺrʺ roulé), Zmmour.
[2] Selon le calendrier dit grégorien.
[3] Le ʺrʺ roulé, Mouçaa Ibn Noçayr, Moussa Ibn Noçaïr.
[4] En 1956.
[5] L’indépendance.
J’ai appris, des années plus tard, qu’il s’agit de ʺl’indépendance dans l’interdépendanceʺ, statut octroyé par le système colonialo-impérialo-sioniste, et qui s’est traduit dans les colonies par la multiplication des "États" supplétifs, subordonnés avec plus ou moins de zèle, de soumission et de servilité dans l’exécution des ordres des métropoles et autres employeurs.
Ces "États" sont fondés sur l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la tyrannie, la torture, l’enfermement, la négation de l’être humain.
Au Maroc, occupé par la France, l’Espagne, et autres, occupation dite ″protectorat″, le système colonialo-impérialo-sioniste a transformé le sultanat moribond, en monarchie héréditaire, dite de "droit divin".
Le sultan, protégé, est alors devenu roi, au service de ce système.
[6] ‘abd Assalaam (la première lettre du prénom ‘abd Assalaam c’est la lettre ‘ (‘iine) qui n’existe pas dans l’alphabet français, et non la lettre i qui n’est donc pas écrite ici en lettre majuscule).
[7] Le ʺrʺ roulé, annour, la lumière
 [8] Le ʺrʺ roulé, bienvenu.
[9] Le serviteur de la Paix, d’Allaah.
[10] Elle est morte en 1970, à l’âge de 28 ans.
[11] Aujourd’hui décédé.
[12] J’ais 11 ans en 1961.
J’en ai 70 aujourd’hui, selon le calendrier dit grégorien.
[13] L’acteur, héros du film, chef des esclaves.
[14] Arte, 21 heures.
[15] L’Islaam depuis Aadame (Adam) sur lui la bénédiction et la paix, consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
L’Islaam n’est pas une question d’ethnie, de tribu, de clan, de classe sociale, de sexe, de couleur, de langue, de parti politique, de pays, de nationalité, d’Etat.
L’Islaam c’est ce qui unit les croyants et les croyantes où qu’ils soient, sur la base du Message d’Allaah, Le Seigneur des univers.
Alqoraane est la continuation, la synthèse, le parachèvement du Message d’Allaah, L’Unique.
Mohammad, l’ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix (sallaa Allaah ‘alayh wa sallame), a eu pour mission de le transmettre.
[16] Abou Bakr (le ʺrʺ roulé), appelé plus tard Abou Bakr Assidiiq (le véridique), le plus proche compagnon de Mohammad, l’ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix, a payé la forte somme exigée par celui qui était décidé à faire subir à Bilaal, le pire jusqu’à la mort.
[17] Celui qui appelle à la prière.
En français, ce mot est souvent dit muezzin.
[18] Almouminoune wa almouminaate.
[19] Le ʺrʺ roulé.
ʺNous sommes à Allaah et à Lui nous retournonsʺ.
Alqoraane (Le Coran), sourate2 (chapitre 2), Albaqara (le ″r″ roulé), La Vache, aayate 156 (verset 156).
[20] Adam sur lui la bénédiction et la paix.
[21] Ève qu’Allaah la bénisse.
[22] Sens du Message d’Allaah.
[23] Lien avec Allaah.
[24] Annour.
Allaah est la Lumière des cieux et de la terre.

lundi 6 juillet 2020

DES FLATTERIES, ENCORE DES FLATTERIES, TOUJOURS DES FLATTERIES

D’innombrables personnes font tout et n’importe quoi pour être flattées.
Ces troubles de comportement causent partout des dégâts dont ces personnes s’en foutent.
Elles ont appris, très tôt, à ne faire qu’à leur tête.
Afin d’obtenir des flatteries, encore des flatteries, toujours des flatteries, elles ne reculent devant aucune connerie.[1] 

BOU’AZZA

dimanche 5 juillet 2020

LEURS OEUVRES SONT VAINES

« Dis[1] :ʺVoulez-vous que Nous vous informions de ceux dont les oeuvres sont les plus perdantes ?ʺ[2] Ceux dans l’effort dans la vie ici-bas[3] s’est perdu dans l’errance,[4] alors qu’ils croient agir dans le bien.[5] Ceux-là qui ont nié[6] les signes[7] de leur Seigneur ainsi que Sa rencontre ; leurs oeuvres sont vaines[8] et Nous[9] ne leur donnerons aucun poids le Jour de la Résurrection.[10] Telle est leur récompense, l’Enfer, pour avoir mécru et pris en dérision Mes signes et Mes messagers. Ceux qui ont cru[11] et accompli les bonnes oeuvres auront pour résidence les jardins du Firdaws.[12] Ils y demeureront éternellement, sans désirer aucun changement. Dis :ʺSi la mer servait d’encre[13] aux paroles de mon Seigneur, la mer s’épuiserait avant que ne s’épuisent les paroles de mon Seigneur quand même nous lui apporterions[14] son équivalent comme renfortʺ. Dis :ʺJe ne suis qu’un être humain comme vous, il m’est révélé que votre Ilaah[15] est un Ilaah unique ; quiconque espère rencontrer son Seigneur[16] qu’il fasse de bonnes oeuvres[17] et n’associe dans son adoration rien d’autre[18] à son Seigneur ».[19]



[1] Allaah s’adresse à Mohammad, Son ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix.
[2] ʺVoulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants, en oeuvres ?ʺ
[3] Alhayaate addoniyaa.
[4] Dhalla, s’est égaré.
[5] Alors qu’ils s’imaginent faire le bien.
[6] Olaa-i-ka alladiina kafarou (le ʺrʺ roulé).
[7] Aayaate (pluriel de aaya), versets.
[8] Réduites à zéro.
[9] Allaah.
[10] Yawme alqiyaama.
[11] Inna alladiina aamanou.
[12] Les jardins du Paradis.
[13] Pour écrire.
[14] À la mer.
[15] Votre Dieu.
[16] Que celui qui espère le rencontre de son Seigneur.
[17] ‘amalane saalihane (la première lettre du mot ‘amalane c’est la lettre ‘ (‘iine) qui n’existe pas dans l’alphabet français, et non la lettre a qui n’est donc pas écrite ici en lettre majuscule).
[18] Aucun autre, personne.
[19] Alqoraane (Le Coran), sourate18 (chapitre 18), Alkahf, La Caverne,  aayate 103 à aayate 110 (verset 103 au verset 110).

samedi 4 juillet 2020

QUI EST À L’ABRI ?

Nous nous disons attachés aux enseignements de l’Islaam,[1] mais il nous arrive de passer outre dans divers domaines, d’oublier que rien n’échappe à Allaah.[2]
Les croyants et les croyantes[3] font de leur mieux pour suivre les enseignements de l’Islaam, mais ne sont pas à l’abri de l’égarement.
Qu’Allaah nous aide à le craindre comme Il doit être craint.
Qu’Il nous éloigne des pratiques blâmables.
Qu’Il efface nos fautes.
Qu’Il nous permette de résister à achachaytaane[4] et à ceux et à celles qui suivent sa voie, la voie de l’échec, la voie de l’Enfer.
Qu’Il nous éclaire.
Qu’Il, nous couvre de Sa miséricorde.
Qu’Il nous soutienne pour continuer la marche, afin que nous soyons parmi les heureux dans la vie ici-bas,[5] et dans la vie dernière.[6]
Qu’Il déverse sur nous Son infinie générosité.
Qu’Il nous aide à faire de notre mieux pour l’Adorer, comme Il le demande.
Qu’Il nous guide sur le droit chemin, le chemin de ceux qu’Il a comblés de bienfaits, non de ceux qui ont encouru Sa colère, ni des égarés.[7]
Qu’Il fasse que nous soyons parmi ceux et celles qui suivent Sa Voie, pour mériter d’être cette âme sereine dont Il dit :
« Ô âme sereine. Retourne à ton Seigneur satisfaite et donnant satisfaction.[8] Entre parmi Mes serviteurs. Et entre dans Mon Paradis ».[9] 

BOU’AZZA



[1] L’Islaam depuis Aadame (Adam) sur lui la bénédiction et la paix, consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
L’Islaam n’est pas une question d’ethnie, de tribu, de clan, de classe sociale, de sexe, de couleur, de langue, de parti politique, de pays, de nationalité, d’Etat.
L’Islaam c’est ce qui unit les croyants et les croyantes où qu’ils soient, sur la base du Message d’Allaah, Le Seigneur des univers.
Alqoraane est la continuation, la synthèse, le parachèvement du Message d’Allaah, L’Unique.
Mohammad, l’ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix (sallaa Allaah ‘alayh wa sallame), a eu pour mission de le transmettre.
[2] Alqoraane (Le Coran), sourate 10 (chapitre 10), Younos, Jonas, aayate 61 (verset 61).
[3] Almouminoune wa almouminaate.
[4] Á satan.
[5] Addonyaa.
[6] Alaakhira (le r roulé), l’au-delà.,
[7] Alqoraane (Le Coran), sourate 1 (chapitre 1), Alfaatiha, aayate 6 et aayate 7 (verset 6 et verset 7), récitée à chaque ʺrak’aʺ (cycle d’actes), de chaque prière.
[8] Raadiya mardiya (les r roulés).
[9] Alqoraane (Le Coran), sourate 89 (chapitre 89), Alfajr (le r roulé), L’Aube, aayate 27 à aayate 30 (verset 27 au verset 30).
Je ne fais que reprendre ce dont j’ai déjà parlé.

vendredi 3 juillet 2020

ENCORE ET TOUJOURS SUR L’AUTORITÉ

- D’innombrables choses ont été dites, se disent et continueront à se dire sur l’autorité.
Les explications changent selon les préoccupations, les interrogations, les orientations, les intérêts et les objectifs de chacun et de chacune.
- C’est une question complexe qui demande des efforts pour éviter les confusions.
- Il est louable de chercher à éviter les confusions, surtout que le thème de l’autorité met en mouvement différentes interprétations, donne lieu à de multiples approches, analyses et pratiques, se réfère à de multiples apports, et suscite de nombreuses controverses.
- C’est un thème qui est au carrefour de plusieurs disciplines, et cela ne facilite pas l’élucidation en effet.
- Pour les croyants et les croyantes,[1] l’autorité procède et se nourrit en premier du Message d’Allaah.
Si de nos jours aucun État[2] fondé sur ce Message n’existe plus, cela ne signifie pas que pour les croyants et les croyantes, l’autorité est moins importante.
Ce n’est pas l’État qui fait les croyants et les croyantes.
- L’autorité est néanmoins un phénomène représenté par des institutions, des personnes, des croyances, des symboles, des figures qui lui confèrent sa fonction dans l’organisation sociale et dans la vie collective.
- Elle se rapporte à ce qui est mis en œuvre pour éclairer le processus de responsabilisation.
C’est un processus où l’accent est mis sur l’importance des obligations et des droits de chacun et de chacune.
Obligations et droits qui s’accouplent dans une dialectique harmonieuse.
Ainsi, recevoir une éducation fondée sur le Message d’Allaah, contribue à sortir les croyants et les croyantes des confusions en leur permettant de connaître leurs obligations et leurs droits, pour les assumer.
Il va de soi qu’Allaah qui dispose de l’autorité absolue, peut bien sûr imposer ce qu’Il veut, à qui Il veut, comme Il veut, quand Il veut.
Mais Allaah n’a pas voulu que l’être humain soit assujetti à l’Adoration.[3]
Qui veut s’ »adonner à l’Adoration s’y adonne, et qui ne veut pas ne s’y adonne pas.
Il n’y a pas de contrainte.[4]
L’adhésion à l’Islaam[5] n’est pas une contrainte.
Allaah laisse chaque personne libre de choisir.
Et chaque personne est responsable de son choix.
La notion de responsabilité, inséparable de l’autorité, prend alors une dimension capitale.
La liberté du choix ne s’oppose en aucun cas, à l’autorité absolue d’Allaah.
C’est parce qu’Allaah le veut, que l’être humain bénéficie de cette liberté du choix.
La responsabilisation signifie en premier lieu la distinction entre le licite et l’illicite, entre « alhalaal » et « alharaam ».[6]
« Alhalaal »[7] veut donc dire le licite, le permis, l’autorisé.
Et « alharaam »[8] signifie l’illicite, l’interdit, le non-autorisé.
« Alhalaal » est ce que Allaah a rendu « halaal », et « alharaam » est ce que Allaah a rendu « haraam ».
- L’autorité se définirait-elle alors uniquement comme l’ensemble des relations de commandement et d’obéissance ?
- Certainement pas.
L’autorité, ce n’est pas l’autoritarisme qui entraîne la tyrannie dans ses multiples composantes.
Les pistes de réflexion ne manquent pas.
- En effet.
L’une d’elles fait appel à « L’auctoritas » et à « la potestas ».
« L’autoritas » est un terme qui se réfère à un système de valeurs, à un système d’échanges, à la compétence, et renvoie à la transmission, au respect et à l’ascendant.
Il s’appuie ainsi sur une chaîne de transmission et renvoie à une réflexion sur les fondements.
« La potestas » est un terme qui se réfère à la possibilité de sanctionner et d’exclure.
Il renvoie à l’idée de contrainte.
Les différences ne doivent en rien occulter la complémentarité et l’articulation.
Elles ne doivent pas se traduire par la dissociation.
Lorsque « l’auctoritas » n’agit pas, « la potestas » pose des problèmes.
La distorsion entre « l’auctoritas » et « la potestas » (déficit dans un cas et excès dans l’autre par exemple) entraîne, bien entendu, des complications.
C’est dire qu’il est nécessaire d’avoir une sorte d’interaction dialectique pour maintenir l’équilibre.
- L’équilibre est dans la Voie d’Allaah.
Il consiste à faire de son mieux ici-bas comme si c’était la demeure de toujours, et de se préparer à rejoindre l’au-delà à tout instant.[9] 

BOU’AZZA



[1] Almouminoune wa almouminaate.
[2] Cette appellation n’écarte pas d’autres.
[3] Al’ibaada.
[4] Pas de contrainte en religion ! La voie de la raison s’est différenciée de l’égarement. Quiconque renie la tyrannie des fausses divinités et croit à Allaah saisit l’anse la plus solide, qui ne se brise pas. Et Allaah est Audiant et Omniscient″.
Alqoraane (Le Coran), sourate 2 (chapitre 2), Albaqara, La Vache, aayate 256 (verset 256).
Kachriid (le r roulé) note au sujet de tyrannie des fausses divinités, traduction donnée au mot taaghoute, que le mot est ainsi employé au singulier comme au pluriel. Il vient du verbe taghaa c'est-à-dire outrepasser les limites, déborder. Il désigne tous ceux qui s’attribuent ou à qui on attribue une force ou une prérogative n’appartenant qu’à Allaah. Ce sont, selon les cas, les idoles, satan, les puissants de ce monde, son propre orgueil, etc…
Seul Allaah est capable de bien faire ou de nuire et nulle obéissance n’est due à personne si elle implique la désobéissance à Allaah.
Salah Eddine Kechride (Salaah Addine Kachriid), traduction du Qoraane (Coran), Loubnane (Liban), Bayroute (Beyrouth), éditions Daar Algharb Alislaami, cinquième édition, 1410 (1990), première édition, 1404 (1984). Note en bas de la page 53.
[5] L’Islaam depuis Aadame (Adam) sur lui la bénédiction et la paix, consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
L’Islaam n’est pas une question d’ethnie, de tribu, de clan, de classe sociale, de sexe, de couleur, de langue, de parti politique, de pays, de nationalité, d’Etat.
[6] Le r roulé.
[7] Halaal, licite.
[8] Haraam, illicite.
[9]  Sens d’un Hadiite attribué à Mohammad, l’ultime Prophète et Messager sur lui la bénédiction et la paix.
Je ne fais que reprendre ce dont j’ai déjà parlé plusieurs fois.

jeudi 2 juillet 2020

« QELTE LHYAA »

Certaines expressions marquent plus que d’autres.
Pour moi, l’expression en arabe dialectal « darija »,[1] « qelt lhyaa », manque de pudeur, en fait partie.
Comment en parler ?
Je me suis adressé à un neveu au Maroc pour l’associer à ce questionnement.
Et je lui ai dit que certaines expressions utilisées en « darija », me paraissent importantes à rappeler, à transmettre.
Ce neveu a commencé par me rappeler que le Messager[2] sur lui la bénédiction et la paix a dit :
« La pudeur fait partie de la foi ».[3]
C’est dire l’importance de la pudeur dans les enseignements de l’Islaam.[4]
En effet, Alqoraane[5] et Assonna[6] traitent de la pudeur.[7]
Elle fait partie de la foi, qu’elle consolide dans le coeur des croyants et des croyantes.[8]
Elle se caractérise, entre autres, par la réserve, la décence, et s’oppose à l’obscénité, à la vulgarité, à la tendance de ne faire qu’à sa tête.
Cela signifie-t-il que l’éducatif au Maroc est fondé sur les enseignements de l’Islaam ?
Non.
Des traditions, des habitudes, font que des expressions, comme celle dont il est question ici, ont cours au sein de la société, sans pour autant signifier que l’éducatif est fondé sur les enseignements de l’Islaam.
Certes, le Maroc se dit pays « musulman », mais les croyants et les croyantes savent parfaitement que l’éducatif[9] n’est pas fondé sur les enseignements de l’Islaam.
Mon neveu a attiré aussi mon attention sur le terme « hchouma », traduit par c’est une honte, c’est honteux, ça ne se fait pas.
Ce terme est lié à l’expression « qelte lhyaa » qui vise ce qui ne se fait pas, ce qui est honteux, ce qui est impudique.
L’impudeur est une honte.
Selon Abou Mas’oud ‘oqba qu’Allaah le bénisse, le Messager d’Allaah sur lui la bénédiction et la paix a dit :
« Parmi ce que les gens ont retenu de ce qui a été rapporté par la Prophétie,[10] si tu n’éprouves pas de pudeur, alors fais ce que tu veux ».[11]
Au Maroc, l’expression « qelte lhyaa » s’est souvent appliquée, presque exclusivement, à ce qui touche à la « sexualité ».
Lorsque deux enfants se touchent les parties intimes, se tripotent, ou vont jusqu’à avoir un acte sexuel, les français disent « jouer à touche pipi », « jouer au docteur ».
Au Maroc, ces pratiques sont désignées  par l’expression « qelte lhyaa ».
On dit en « darija » des personnes prises en train de s’adonner à ces pratiques, « quaydirou[12] qelte lhyaa », elles font le manque de pudeur.[13]
Ces pratiques, lorsqu’elles sont découvertes, se traduisent en général par la punition des auteurs de la faute.
La punition par des parents, par des adultes ne signifie pas que ceux-ci ne s’adonnent pas à ce qui est impudique : parfois, pour ne pas dire souvent, ceux et celles qui punissent, sont des débauchés qui recourent à « qlte lhyaa » dans tous les domaines, et qui n’éprouvent aucune pudeur.
Qu’Allaah pardonne nos errements, nous éclaire, et nous guide.[14] 

BOU’AZZA



[1] Le ʺrʺ roulé.
Arabe parlé au Maroc.
[2] Il s’agit de Mohammad, l’ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix.
[3] ʺAlhayaae mina aliimaaneʺ.
Hadiite rapporté par Ibn ‘omar (le r roulé) qu’Allaah le bénisse (la première lettre du prénom ‘omar c’est la lettre ‘ (‘iine) qui n’existe pas dans l’alphabet français, et non la lettre o qui n’est donc pas écrite ici en lettre majuscule).
[4] L’Islaam depuis Aadame (Adam) sur lui la bénédiction et la paix, consiste à faire de son mieux pour Adorer Allaah, comme Allaah le demande.
L’Islaam n’est pas une question d’ethnie, de tribu, de clan, de classe sociale, de sexe, de couleur, de langue, de parti politique, de pays, de nationalité, d’Etat.
L’Islaam c’est ce qui unit les croyants et les croyantes où qu’ils soient, sur la base du Message d’Allaah, Le Seigneur des univers.
Alqoraane est la continuation, la synthèse, le parachèvement du Message d’Allaah, Le Seigneur des univers.
Mohammad, l’ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix (sallaa Allaah ‘alayh wa sallame), a eu pour mission de le transmettre.
[5] Alqoraane est la continuation, la synthèse et le parachèvement du Message d’Allaah, qui a confié à Mohammad, l’ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix,  la mission de le transmettre.
[6] Assonna a trait à la conduite de Mohammad sur lui la bénédiction et la paix.
Lorsqu’on parle de hadiite (hadite, hadiith, hadith) cela renvoie à ce qui a été rapporté concernant la conduite de Mohammad, l’ultime Messager et Prophète sur lui la bénédiction et la paix.
Alqoraane (Le Coran) n’a de sens qu’avec Assonna et Assonna ne peut exister sans Alqoraane.
Assonna procède d’Alqoraane.
[7] Alhayaa-e, hayaa-e.
[8] Almouminoune wa almouminaate.
[9] Et autres.
[10] La prophétie à travers le temps et l’espace.
[11] Hadiite rapporté par Albokhaarii  (le r roulé), repris par Annawawii dans les quarante hadiite..
[12] Le r roulé.
[13] Pour dire elles font ce qui manque de pudeur.

mercredi 1 juillet 2020

L’ACCORD ENTRE L’ÉPOUSE ET L’ÉPOUX EST UN FREIN


En France, et dans beaucoup d’autres pays, il n’est pas rare que l’épouse ne soit d’accord sur presque rien avec l’époux.
Pour ne pas être considérée « ringarde », « soumise », et « autres », elle est tenue de faire de l’opposition stérile, de manifester son désaccord à tout bout de champ, d’affirmer sa personnalité en présence d’autrui, dêtre « moderne », « féministe ».[1]
Il en va de sa « libération ».
L’accord entre les époux est un frein.
Un frein pour les « avancées sociétales ».
La « révolution sexuelle » dicte à l’épouse et à l’époux de baiser avec d’autres partenaires pour être dans « le coup ».[2]
« Une épouse émancipée » se doit de s’agiter dans tous les sens pour attirer l’attention, de s’afficher, de se montrer, de se faire voir, de paraître, de ne faire qu’à sa tête.
Elle ne doit pas éviter d’être avec d’autres putes, avec des fournisseurs de bites, avec des homosexuels, avec des lesbiennes, et autres, pour la baise.[3]
Musique, danse, alcool, drogue, et ce qui s’en suit :
Des femelles baisent avec des mâles, des femelles baisent avec des femelles, des mâles baisent avec des mâles, des chiens sont de la fête : ambiance d’enfer.
La baise sans frontières.[4] 

BOU’AZZA



[1] Pour des épouses qui pensent à l’adultère ou s’y adonnent, un des thèmes de prédilection de leurs bavardages est de dénigrer l’époux, de l’accuser de tous les maux.
Elles estiment que c’est ʺvalorisantʺ de dénigrer l’époux, et pensent qu’être épouse c’est avoir quelqu’un à qui imputer ses frustrations, ses insatisfactions, ses sautes d’humeur, ses dérives, ses défaillances, ses désordres, ses dérapages, et autres.
Quelqu’un à rendre responsable de ses inconséquences, de ses incohérences, de ses dévoiements, de ses errements, de ses dysfonctionnements, de ses divagations, de ses confusions, de ses déséquilibres.
[2] Avoir d’autres partenaires que l’époux, n’est pas incompatible avec le mariage qui, au contraire, en a besoin pour ne pas tomber dans la routine, dans l’ennui.
L’adultère lui donne vie.
Des femelles et des mâles mettent en valeur l’importance de la baise sans frontières, et soulignent ses innombrables apports dans l’essor de la civilisation, et dans l’émancipation de l’humanité.
[3] En France, la loi du 17 mars 2013 sur le mariage pour tous,  permet aux homosexuels de s’épouser entre eux, et aux lesbiennes de se marier entre elles.
Dans beaucoup d’autres pays aussi.