jeudi 30 juillet 2020

« MÉMOIRE » DE QUOI ?

Le vendredi 24 juillet 2020,[1] Emmanuel Macron,[2] a confié à Benjamin Stora « une mission de réflexion » consistant, d’ici le mois de décembre, à dresser « un état des lieux » relatif à « la mémoire de la colonisation en Algérie »,[3] en vue de voir « comment réconcilier les deux pays ».
Benjamin Stora qui vivait en Algérie avec sa famille, partisane du colonialisme, est arrivé en France en 1962.
Il avait douze ans.
Devenu universitaire, il a beaucoup écrit sur ce qui est appelé l’histoire de l’Algérie et de l’Afrique du Nord.
François Hollande[4] l’avait désigné pour occuper le poste de président dans une institution sur les immigrés.[5]
Afin de continuer à dispenser ses faveurs à des clients, l’État dispose, depuis des lustres, d’une pléthore de possibilités, dont une multitude de nominations, de désignations, et autres, plus nuls les unes que les autres.[6]
Personne ne connaît exactement leur nombre, leurs budgets ou leurs bénéficiaires.
Charles de Gaulle qui a occupé le trône du Palais de l’Élysée de 1959 à 1969,[7] et qui se prenait pour l’État, a bien entendu eu recours à ces combines.
Il avait néanmoins souligné en 1963 qu’il a toujours su ce qu’il avait à faire, et qu’il n’avait aucun besoin pour cela du comité Gustave, du comité Théodule ou du comité Hippolyte.
Pour désigner ces combines, c’est l’expression « comité Théodule » qui s’est imposée.
La droite, la gauche, le centre et leurs diverses composantes, alimentent et entretiennent ces combines.
Le colonialisme français a eu recours aux pires horreurs, aux crimes contre l’humanité en Afrique et ailleurs.
Un infini blablabla continue de dégouliner de partout pour nier ces crimes en les emballant « autrement ». 
Les octrois des « indépendances dans les interdépendances »,[8] sont utilisés pour disserter sur les tas de droits[9] et l’étable de la loi[10] par exemple.
Les cadavres qui ont fait, qui font, qui feront éclore les richesses matérielles des pays du système colonialo-impérialo-sioniste, comme la France, richesses entretenues par la sueur et le sang des survivants, n’empêchent pas ces pays de disserter sur ce qu’ils appellent « l’humanité » : ils ont entretenu et  entretiennent le pire, en se proclamant « défenseurs de l’humanité ».
À travers le temps et l’espace, des individus, à divers niveaux, ont cherché à faire passer des vessies pour des lanternes.
Et de tout temps, les mots ont occupé une place de choix dans cette entreprise.
Dans les opérations de domination, les mots accompagnent les autres moyens et s’avèrent souvent aussi dangereux, voire plus terribles.
Les imposteurs ont toujours falsifié les mots pour les utiliser comme des armes de destruction massive afin de  poursuivre les agressions sans fin, les mensonges, les dissimulations, les falsifications, les supercheries, les tricheries, les tromperies, les manipulations, et autres.
Ils ne se préoccupent en aucun cas des conséquences de ce qu’ils font, s’en foutent des dégâts occasionnés, font parfois semblant de s’étonner des effets dont ils sont la cause.
Ils commémorent avec fierté, avec arrogance ce qui doit être banni, rendent hommage à ce qui doit être condamné, consolident ce qui doit être dénoncé.
La France, métropole colonisatrice, continue de répandre son poison dans les colonies et en métropole, où les populations originaires de ces colonies et issues du processus migratoire, doivent mener des luttes incessantes contre ce poison.
Gonflée d’orgueil et d’arrogance, la métropole débite, encore et encore, les insanités de toujours, les bassesses, les mensonges, les supercheries, maintient un regard de mépris et de haine sur les indigènes[11] des colonies, alimente et entretient l’imposture.
Les pays d’Afrique et d’autres pays situés ailleurs, décharges du système colonialo-impérialo-sioniste, continuent d’être des réserves de matières premières, de main d’œuvre, des marchés pour tout écouler, des points stratégiques pour les militaires, des terrains d’expérimentations des armements, des lieux de pédophilie et autres « loisirs pour touristes », des dépotoirs multiples et variés.
Les imposteurs, à l’œuvre depuis des lustres, ont toujours usé, en plus des multiples moyens dont ils disposent, d’une diarrhée verbale pour camoufler leurs crimes.
Ils veulent imposer leur « Histoire », avec hache majuscule, pour décapiter la Vérité.
Les vexations, les hostilités, et autres sont toujours d’actualité.
L’invraisemblable est soutenu.
Les coups les plus inimaginables sont montés.
Les manipulations les plus incroyables sont pratiquées.
Les mensonges les plus éhontés sont servis.
Les agressions ne se comptent plus.
Les hostilités, ne s’arrêtent pas.
La désinformation ne recule devant rien.
Les amalgames de toutes sortes, dans tous les domaines, à tous les niveaux, sont la règle.
Ce n’est pas la première fois que la métropole blablate sur les colonies pour faire croire qu’elle veut faire un travail de « mémoire ».
«  Mémoire de quoi » ?[12] 

BOU’AZZA



[1] Selon le calendrier dit grégorien.
[2] Installé sur le trône du palais de l’Élysée en mai 2017 pour servir, comme les autres avant lui, le système colonialo-impérialo-sioniste, la finance internationale.
Il était ministre de François Hollande, le socialiste, révolutionnaire de gauche.
[3] De son côté, Tebboune en Algérie a nommé un directeur général du centre national des archives algériennes pour mener un travail de ʺvéritéʺ sur ʺles questions mémorielles entre les deux paysʺ.
[4] Le révolutionnaire de gauche,  figurant installé en mai 2012 sur le trône du Palais de l’Élysée, pour remplacer son alter ego le révolutionnaire de droite, le figurant Nicolas Sarkozy, comme Président de la République.
[5] Il a été nommé en 2014 président du conseil d’orientation de l’établissement public du palais de la Porte Dorée (musée de l’histoire de l’immigration).
[6] Comme les commissions, les missions, les groupes dits de "spécialistes" pour pondre des "rapports" destinés aux tiroirs, et mille et une autres combines qui permettent à la personne désignée de se faire tout simplement du pognon.
[7] Président de la  cinquième République en France pendant dix ans.
[8] Statut qui s’est traduit dans les colonies par la multiplication des "États" supplétifs, subordonnés avec plus ou moins de zèle, de soumission et de servilité dans l’exécution des ordres des métropoles et autres employeurs.
Ces "États", dont ceux dits musulmans, sont fondés sur l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la tyrannie, la torture, l’enfermement, la négation de l’être humain.
[9] L’État de droit.
[10] Les tables de la loi.
[11] Appellation arrogante et méprisante donnée par le colonialisme, la métropole, aux populations des territoires colonisés, la colonie.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire